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Le Fourbe en Cardinal
de Richelieu assis sur un trône (celui de France?) et N.V en Père Joseph.

Vision allégorique des véritables maîtres de la France au XVIIe siècle sous
le règne de Louis XIII: le Fourbe en cardinal de Richelieu, N.V en Père Joseph
et Joe en Louis XIII (pantin désarticulé aux mains des deux Fourbes pour la grandeur de la France!) |
Fiche
d'identité
Éminence,
du latin eminens, "qui s'élève", est un titre d'honneur donné aux
cardinaux. Il souligne l'aspect que le personnage portant ce titre est
au-dessus du niveau commun. Dans l'Histoire, l'Éminence rouge
désignait le Cardinal de Richelieu (Paris 1585 - idem,
1642), allusion à au titre et à la couleur de l'habit réservés aux
cardinaux et Éminence grise, le père Joseph du Tremblay
(1577- Rueil 1638), conseiller et agent de Richelieu, allusion à
la robe de bure des Capucins, et au titre d'éminence réservé aux
cardinaux (promotion dont la mort le priva de justesse). l'émince grise
(avec une minuscule) désigne dans le langage courant un conseiller
agissant dans l'ombre.
Le Fourbe et
N.V, qui est qui?
Ainsi, le Fourbe et N V s'amusent à s'appeler respectivement entre eux,
Éminence rouge et Éminence Grise en référence à Richelieu et à son
acolyte, le Père Joseph.
Pour nos deux
personnages, sur l'échelle de la Fourberie : le terme "Éminence rouge"
désigne le degré le plus élevé et celui d'"Éminence grise" le
degré le plus bas; ou plutôt juste en dessous d'Éminence rouge. Car en
effet, dans l'histoire, le père Joseph était le conseiller, le confident
et l'artisan de la politique extérieure de Richelieu. Ce dernier, comme
chacun sait, gouverner en fait la France grâce à sa fourberie légendaire
(le roi Louis XIII laissait au cardinal le soin de s'occuper des
affaires de l'État: Richelieu était alors le véritable maître de la
France jusqu'à sa mort). Il avait pris le Père Joseph comme une sorte de
chef de la diplomatie et de ses services secrets (voir biographie
ci-dessous).
Ainsi, le Fourbe est donc l'Éminence rouge (Richelieu), vu qu'il
dépasse en fourberie N V, ainsi que tous les autres personnages du groupe.
Nous avons pu nous en rendre compte dans sa fiche d'identité et les BD. En
effet, pour lui, comme Richelieu, la Fourberie, c'est une religion, une
idéologie, un art de vivre. C'est son arme principal pour partir à la
conquête du monde!
N.V est donc appelé
Éminence Grise (le Père Joseph) par le Fourbe. Ce dernier a décelé en N.V tout le potentiel qu'il pouvait en
tirer. Il considère donc N.V comme un disciple, ce qu'il ne plait guère à
son compère... heu, pardon... son disciple. Ainsi, le Fourbe essaie de
l'initier à l'art de la Fourberie... art délicat, qui demande beaucoup
d'entraînement, de diplomatie, de doigter et surtout un cynisme sans pareil. Mais il
prend soin tout de même de ne pas lui révéler toutes les ficelles de ce
"métier", vu qu'il
ne veut pas qu'N.V puisse un jour le dépasser sur ce terrain là.
Biographie du
Père Joseph
Voici une petite
biographie de l'un des plus méconnus personnages de l'Histoire de France
(nous n'avons pas mis celle de Richelieu, vu que tout le monde sait de
qui il s'agit) : François Le Clerc du Tremblay, le Père Joseph
(1577-18 décembre 1638 à Rueil), éminence grise du Cardinal de
Richelieu.
Il était le fils aîné de Jean Leclerc du Tremblay, Président de la
Chambre de Requêtes du Parlement de Paris et de Marie Motier de
Lafayette, son épouse. Il reçut une éducation classique très soignée et
en 1595, fit un long voyage en Italie dont il revint pour embrasser la
carrière des armes. Il servit lors du siège d'Amiens en 1597 puis
accompagna une ambassade extraordinaire à Londres.
En 1599, le Baron de Mafflier - c'est ainsi qu'il était connu - renonça
aux vanités du monde et entra chez les religieux Capucins d'Orléans. Il
se consacra aux choses de la religion avec une piété exemplaire et
devint un prédicateur et réformateur de renom. En 1606, il assista
Antoinette d'Orléans, une religieuse de Fontevrault lorsqu'elle fonda
l'ordre des Filles du Calvaire, et il écrivit un ouvrage de dévotion à
leur intention. Son zèle prosélyte le poussa à envoyer des missionnaires
en pays huguenot afin de les arracher à leur hérésie.
Il entra en politique à la Conférence de Loudun : soutenu par la reine
et par le légat du Saint-Père, il s'opposa aux thèses gallicanes qui
avaient la faveur de la noblesse, et il réussit à les convaincre
d'abandonner les tendances schismatiques du gallicanisme. En 1612
commencèrent les fructueuses relations personnelles qu'il devait
continuer à entretenir de façon si fidèle, alimentant l'histoire et la
légende du Cardinal et de son « Éminence Grise », allusion à la robe
de bure des Capucins, et au titre d'éminence réservé aux cardinaux
(promotion dont la mort le priva de justesse). Ces relations n'ont
d'ailleurs jamais été complètement éclaircies.
Grâce à son vaste réseau de moines capucins, il crée une sorte de DGSE
avant l'heure au service de Richelieu. Les moines devenus agents de
renseignements lui permettent en effet d'avoir en permanence des
informations confidentielles en provenance des différentes zones de
conflits.
De 1617 à 1625 il compose La Turciade, une épopée en quatre mille six
cent trente-sept vers latins, qui sera imprimée en deux exemplaires.
Urbain VIII, destinataire de l'un d'eux et lui-même poête, l'appela «
L'Énéide chrétienne ».
En 1627, le moine assita au siège de la Rochelle. La France était alors,
sinon entrée dans la guerre de Trente Ans, du moins dans une politique
active de soutien aux ennemis (protestants) de l'empereur (catholique)
Ferdinand II. Cette alliance qui semblait contradictoire avec la ligne
politique suivie à l'intérieur du royaume de France avait évidemment un
fondement politique (la lutte contre la Maison d'Autriche). Il rêvait en
fait d'une Europe qui se serait unie dans une nouvelle Croisade contre
les Turcs et considérait que les Habsbourg étaient l'obstacle qui
empêchait cette paix pan-européenne qui rendrait cette union possible.
Dès lors, ce nouveau Pierre l'Ermite intrigua à la diète de Ratisbonne
en 1630 contre les entreprises de l'Empereur, fit en sorte de provoquer
l'intervention de la Suède, se réconciliant avec les parties
protestantes afin, pour ainsi dire, de mettre le mal au service du bien.
Il fut, dans l'ombre, le principal artisan du traité de Westphalie dont
les historiens considèrent unanimement qu'il a orienté l'évolution
politique du continent jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
Ainsi ce moine austère devint un fauteur de guerre ; tout en gardant la
rigueur de sa vie personnelle, il se consacra à la diplomatie et à la
politique.
Il subit une première attaque cérébrale au printemps 1638 et mourut en
quelques jours d'une seconde attaque en décembre suivant. Le Cardinal de
Richelieu écrira : "Je perds ma consolation et mon unique secours,
mon confident et mon appui."
Par la suite, c'est Mazarin qui deviendra l'interlocuteur privilégié de
Richelieu.
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Le Fourbe en habit de cardinal de Richelieu (l'Éminence
rouge) devant le siège de la Rochelle.

N.V. en Père Joseph (Éminence grise). |